
Michel Lebel
Lever à 5h45, j'aurais dormi encore 2-3 heures et tout le monde a encore les effets de la journée de pluie d'hier et moi en plus avec ma mésaventure.
Pour finir le plat, le gars des bagages me demande de façon un peu brusque pourquoi il a été réveillé comme ça hier. J'ai expliqué la situation et dit que dorénavant je partirais tôt, ce qui fut le cas aujourd'hui.
Maintenant au lieu d'aller faire la file pour le petit déjeuner et partir tard, je prépare ma valise et je vais manger quand je suis prêt à partir, la ligne est beaucoup moins longue et de toute façon souvent le matin ce n'est que du pain et café. J'ai pris l'habitude de compléter par 2 ou 3 viennoiseries. Les filles disent « ENCORE ! » quand elles me voient dans une boulangerie. Je leur dis que je vais me mettre à la diète après le tour.
Donc parti tôt, pas de pluie mais nuageux, j'aurais dû faire ça depuis longtemps, au lieu de chasser, en jargon cycliste. Je trouve alors un groupe de ma vitesse et je roule avec. C'est ce que j'ai fait, et à part qu'on s'est perdu à la plage, ça s'est super bien passé. Nous sommes en Picardie, les côtes sont jolies et on voit la mer. Le matin je me sentais fatigué mais finalement je suis très bien sur le vélo alors que plusieurs m'ont dit ne pas s'être remis d'hier. Le vent est aussi favorable.
Dans une boulangerie je goûte un Paris-Brest, délicieux, et au km 85 je trouve enfin un Red-Bull. Ça me donne le power de finir la matinée avec les 115 kms prévus du matin. En plus je me perds mais je suis la direction d'une ville sur la road-book et j'arrive avant des gars avec qui je roulais, donc finalement peut-être un raccourci, mais ça ne parait pas car j'ai fait 188 kms exactement.
Au lunch, arrivé dans le premier tiers, je prends mon temps pour manger et quand je décide de repartir, il y a un groupe de cyclos de Rouen qui partent avec nous. Super. Ça roule bien et je me sens en super forme, quoi comprendre, et en plus la pluie arrive. Je roule avec Jean qui est un bon grimpeur mais je me sens très fort. Je rattrape même Raoul, que j'ai rencontré au gite du début et qui peine à cause de la journée d'hier. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça va un jour et pas l'autre. En tout cas, ces 188 kms ça a été de la tarte.
Au km 165 il y avait un arrêt casse-croûte et au km 184 un pot de bienvenue. Etant arrivé tôt, Jean-Claude me présente comme le Canadien du tour et comme on vient de passer en Normandie je suis vraiment assailli par le maire et les gens du coin. Ils adorent mon accent, me parlent de mes ancêtres et des liens entre les Normands et les Québécois. Je me sens même un porte-parole et je fais attention à ce que je dis ! Je me fais offrir un verre de champagne avec du kir. Le tout à en rendre jaloux les autres ! Je repars ensuite pour l'hôtel avec Jean, il reste 4 kms, mais on va les faire à la pluie. Pas grave, je suis top shape !
Notes
Jean-Claude a diminué les dénivelés de 10% de ce que Google indiquait et les distances réelles sont plus longues que ce que dit la publicité du tour. On va faire autour de 3500 kms, à tenir compte pour ceux du groupe de John Malois qui veulent tenter l'expérience. Cela étant dit, c'est surprenant comment on s'adapte à la distance. On roule juste plus longtemps, pas plus vite.
A date, selon Jean, on a grimpé 29500m de dénivelé et roulé 2640 kms.
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