David Desjardins a réagi à son congédiement du Devoir sur facebook le 9 décembre.

Simon Jodoin, rédacteur en chef de Voir, a commenté le même jour.

Ce 12 décembre Simon Jodoin a réagi sur facebook à l'article de Nathalie Petrowski dans La Presse du même jour.

L'hypocrisie me tue

L'hypocrisie me tue.

J’ai lu avec intérêt cette chronique de Nathalie Petrowski sur l’affaire David Desjardins.

On y lit une position très noble et légitime, sur la pureté du journalisme. Je la cite :

« La pub et le marketing ne sont pas compatibles avec le journalisme. Ce sont deux camps, toujours opposés, parfois ennemis. »

Et un peu plus loin :

« Ne sait-il pas que les journalistes d’une salle de rédaction ne traitent jamais, jamais, avec les annonceurs? Qu’il y a un mur étanche, un pare-feu entre les deux? »

Voilà une position très noble. Mais vous me voyez étonné. Étonné qu’on se roule dedans cette noblesse, puisque l’actualité nous y invite avec le cas de David Desjardins, alors que depuis des années il y aurait eu une foule d’exemples de ce marketing de contenu au sein même de l’entreprise de Nathalie Petrowski.

J’en avais parlé ici, sans que ça provoque un grand questionnement au sein du groupe Gesca. Des chroniqueurs qui chroniquent sur eux-mêmes, ou sur leurs collègues, pour des livres aux éditions La Presse, parfois en première page de section avec tout le tralala. J’imagine qu’à ce moment, il ne fallait pas trop en parler.

Quand Lysiane Gagnon chronique sur elle-même

Et Alain Dubuc, chroniqueur vedette du même groupe de presse à l’époque, récipiendaire du prix Hyman-Solomon de la FPJQ en 2008, qui a signé de multiples chroniques pour « Simplement Brillant », une opération de marketing de contenu pour la Sunlife... Curieux que personne n’ait jugé bon de réaffirmer les idéaux nobles du chroniqueur journaliste à ce sujet, à l’époque.

Alain Dubuc

Voilà qui est curieux. Mon étonnement est total.

Et que dire de Lise Ravary au Journal de Montréal, qui y va avec un billet de blogue qu’on croirait sorti d’un manuel de l’aspirant jésuite. Je la cite aussi :

« J’ai beau fouiller tous les racoins des nouvelles réalités qui frappent de front les médias traditionnels depuis l’arrivée du numérique, et je n’arrive pas à imaginer qu’il existe désormais une dimension alternative où il serait permis de faire cohabiter journalisme et publicité au sein d’une même carrière »

Il faut croire qu’elle n’a pas fouillé très longtemps. Je me propose de l’aider.

Il faut deux clics pour trouver une section spéciale « Centre Vidéotron » au sein du groupe de presse qui retient ses services :

Centre Vidéotron

Et un clic de plus pour trouver la section spéciale « La Voix » :

La Voix

Cette hypocrisie costumée en pureté me tue. Me dégoûte. D’accord pour la noblesse. D’accord pour l’idéal. Il faut le dire. Mais le dire seulement lorsqu’il est question d’un collègue qui œuvre au sein d’un média concurrent? C’est d’une laideur sans nom.

Je l’ai fait à maintes reprises, par le biais de chroniques, de textes et de réponses à divers collègues détracteurs. J’ai même avoué nos intérêts dans un congrès de la FPJQ. Mais cette semaine, je vais tout ramasser ça dans un seul texte. Je vais écrire et publier toutes les choses que nous faisons en relation avec des clients en terme de marketing de contenu. Je détaillerai nos intérêts particuliers et nos lignes de conduite en ces matières. Ce sera clair, transparent et limpide une fois pour toutes.

J’espère que d’autres rédacteurs en chef me suivront dans cet exercice de transparence. À défaut de quoi je souhaite vivement qu’ils conseilleront à leurs chroniqueurs de se garder une petite gêne avant de juger un collègue d’un média concurrent. »


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