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Les efforts surréels réalisés par le personnel médical au cours de la dernière année nous font sentir bien impuissants. Étudiant les sciences de l’activité physique, je peux certes jouer un rôle en gardant les gens dans l’action et les éloigner de la léthargie, mais que puis-je faire de plus? Suivre les consignes gouvernementales, mais encore?
Ce questionnement m’emmena à réfléchir à notre rôle individuel comme agent transmetteur d’information. Peux-on faire mieux collectivement? Pour répondre à la question, penchons nous d’abord sur notre rigueur au sein de notre propre réseau qui consiste à relayer de l’information verbalement ou via différents médias tel le fameux « jeu du téléphone ».
Nos connaissances proviennent généralement des sources suivantes:
-Premièrement: nos expériences, ceux-ci pourraient par exemple vous informer sur les aliments que vous devez éviter rendus sur le site de votre voyage tout-inclus, on apprend de nos erreurs!
-Deuxièmement: Nos observations. Elles nous permettent de tirer des conclusions sur un phénomène observé, comme le temps estimé de la file d’attente aux caisses à l’épicerie selon l’heure ou le jour de la semaine.
-Troisièmement: Les livres et publications
-Quatrièmement: Les médias sociaux et traditionnels
-Et cinquièmement: La recherche ( journaux scientifiques, thèses.)
Mais pour les 4 premiers points, quelles évidences avez-vous vraiment?
Bien qu’il existe des façons non scientifiques d’acquérir du savoir, la véracité de celui-ci peut varier en fonction des sources.
S’informer auprès d’une personne d’autorité est aussi une façon d’apprendre, toutefois les qualifications et les façons dont ils acquièrent leurs connaissances peuvent faire toute la différence. L’autorité, quelle qu’elle soit ne peut être source de connaissance absolue. Pensons simplement à Wayne Gretsky, aussi bon soit-il comme joueur, sa transmission du savoir en coaching ne fut pas à la hauteur de son jeu en tant qu’athlète.
Finalement la méthode rationnelle est aussi une façon non scientifique de savoir, elle consiste simplement à raisonner. Or, notre rationnel sera toujours limité par nos connaissances du moment.
Contrairement à la pensée populaire, la méthode scientifique ne se résume à valider une hypothèse, mais à ouvrir les portes à de nouvelles expériences. L’approche réaliste en science sous-entant une seule vérité, qui une fois découverte, s’applique à d’autres situations similaires. L’approche relativiste, a contrario, nous montre une vérité qui évolue et qui change selon le contexte. Plusieurs facteurs peuvent influencer la qualité de ces études, c’est pourquoi le consensus scientifique définit le constat fait par de nombreux chercheurs après avoir analysé l’ensemble des études tout en détectant leurs failles et en regroupant leurs données.
Ces méta-analyses ou revues systémiques (termes utilisés pour définir la synthèse de plusieurs sources scientifique) peuvent être difficiles à interpréter par le commun des mortels, nous devons donc recourir à un vulgarisateur pour bien assimiler le contenu. Afin de ne pas contribuer à propager de la fausse information, porter attention aux évidences scientifiques et surtout, faites attention aux termes; projet pilote, études observationnelles ainsi qu’aux anecdotes et témoignages. Soyez à l’affût des exagérations souvent faciles à démasquer par leur mot-clé: révolutionnaire, point tournant, informations secrètes, etc.
N’hésitez pas à dénoncer la mauvaise information en soulignant les lacunes, le manque de rigueur scientifique et le manque d’évidences. Questionnez-vous sur les raisons qui motivent le partage de l’information, pourquoi la personne qui avance les faits se sent-elle concernée? Ou pourquoi ont-ils perdu leur confiance au consensus scientifique?
Partagé de l’information juste demande une démarche authentique, c’est pourquoi nous devons constamment réfléchir sur la pertinence de nos paroles et nos partages. Comme « Le premier savoir est le savoir de notre ignorance » (Socrate) rare sont les moments où l’on sait vraiment ce que l’on sait, surtout quand on parle épidémiologie. L’humilité est donc de mise.
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Parmi celles-ci, l’intuition est un bon exemple, aux Jeux Olympiques de 1928 les femmes furent introduites pour la première fois. Après que plusieurs d’entre elles s’effondrent, exténuées à la ligne d’arrivée du 800m, les dirigeants ont suspendu l’épreuve pendant plus de 30 ans, croyant que courir cette distance était dangereux pour une femme.
Yannik Morin, facebook, 29 janvier 2021
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