25 ans plus tard, dans les Maritimes

Au mois de mai de l’an deux mille, j’entreprenais un périple qui frappe l’imaginaire. Traverser le Canada à vélo.

De Trois-Rivières à Whistler, dans une Dodge Caravan menée par un Hubert et deux autres passagères, nous traversâmes le pays en 50 heures. Nous rêvions chacun de son côté à une aventure humaine.

Derrière ce projet, l’envie de découvrir l’essence de ce pays-continent. Les frontières imaginaires de ces provinces tant coloriées dans mes cahiers de géographie. Fouler de nouveaux territoires à la conquête de ma propre identité.

A Whistler, j’enfourchai mon vélo sous un crachin tenace vers Vancouver, où je décrochai par hasard un emploi temporaire dans un festival, accumulant assez de loonies pour assurer mes dépenses quotidiennes de 10$, pour les deux prochains mois.

J’ai suivi le cours des rivières, croisé un grizzly, visité des forts français, remonté de près la piste des coureurs des bois. Je me suis recueilli au Terry-Fox Memorial, près de la Baie du Tonnerre où prit fin son exploit.

Neuf semaines plus tard, j'atteignais la vitesse de 89 km/h dans la côte qui mène au pied du Rocher Percé. J’avais 7 000 km au compteur.

Voyager à vélo, c’est beaucoup plus accessible qu’on le pense. Il y a, dans le cyclotourisme, une manière d’habiter le monde sans le brusquer. Glisser furtivement à travers le paysage, sans bruit, les sens aiguisés. À chaque coup de pédale, on s’accorde au rythme de la route, au dévoilement discret du décor qui défile à chaque courbe ou vallon.

Un quart de siècle plus tard, je complèterai cette traversée. Je verrai les Maritimes pour la toute première fois. En bordure de mer, je m’attends à subir une classe de maître offerte par Éole. Une froide et tenace lutte pour tenir tête au vent sans broncher, sans me décourager, en serrant les dents.

Le plan de route est le suivant. De Rimouski, je pédalerai dans la vallée de la Matapédia vers la péninsule acadienne, puis je foulerai l’Ile du Prince-Édouard, l’Ile du Cap Breton et sa Cabot Trail, pour ensuite explorer la côte ouest de Terre-Neuve.

De là, je reviendrai en bateau de Blanc-Sablon vers Rimouski à bord du Bella-Desgagnés, avec une dizaine d’escales sur la Basse-Côte-Nord.

Je prévois environ 2 500 kilomètres sur la selle, entrecoupés de quatre croisières. Le grand départ aura lieu mardi le 24.

Vous pourrez suivre ma progression en vous abonnant à mon compte Strava @ Luc arSNOW.

Si vous avez des incontournables à me suggérer, je suis bien sûr preneur.

Luc Arseneault, facebook, 19 juin

(NDLR: à ne pas confondre avec Luc Arseneau le directeur sportif)


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